25 mars 2026
Biodiversité

Accueillir les pollinisateurs sur son site

Les pollinisateurs : qui sont-ils ?

Les pollinisateurs sont les animaux transportant sur eux des grains de pollen d’une fleur à une autre. En butinant le nectar, ils collectent involontairement le pollen sur leurs têtes, leurs pattes, leurs poils… et permettent ainsi la fécondation des fleurs.

Si l’abeille « à miel » est la plus connue, elle ne représente qu’une petite part de la diversité des pollinisateurs existants en France :

  • 8 500 espèces d’Hyménoptères (abeille, bourdons, guêpes, fourmis et frelons) dont 1000 espèces d’abeilles sauvages.
  • 6 100 espèces de Lépidoptères (papillons de jour et de nuit).
  • 11 000 espèces de Coléoptères (scarabées, coccinelles, hannetons etc.).
  • 8 800 espèces de Diptères (mouches, syrphes, moustiques etc.).
  • 3 500 espèces d’Hémiptères (punaises).

À l’échelle mondiale, la diversité est encore plus large car la pollinisation est également assurée par les colibris, les chauves-souris frugivores, et certains lézards et primates.

Le Muséum national d’histoire naturelle et l’Office pour les insectes et leur environnement ont lancé en 2010 le SPIPOLL (Suivi Photographique des Insectes Pollinisateurs), un programme de sciences participatives pour étudier les réseaux de pollinisation : https://www.spipoll.org/

Un service écosystémique vital

Les pollinisateurs assurent ainsi un service écosystémique vital : la pollinisation. Les écosystèmes, nos cultures et notre alimentation dépendent étroitement des pollinisateurs.

90% des espèces végétales à fleurs dépendent uniquement des insectes pollinisateurs pour leur reproduction. Ainsi, ils sont de véritables sentinelles de la santé des écosystèmes et du maintien de la biodiversité. Environ 70 à 75 % des plantes cultivées dépendent de la pollinisation entomophile, soit 35 % du tonnage de la production agricole mondiale selon l’IPBES.

D’après l’EFESE (L’évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques), la production végétale française destinée à l’alimentation humaine attribuable à l’action des insectes pollinisateurs représente une valeur comprise entre 2,3 et 5,3 milliards d’euros (2010) soit entre 5,2 et 12% de la valeur totale de ces productions. A l’échelle mondiale, la valeur du service de pollinisation a été estimée à 153 milliards d’euros (Gallai et al., 2009).

Un déclin alarmant

Depuis 30 ans, les populations d’insectes ont fortement décliné en Europe. Une étude allemande de 2017 (Hallmann et al.) estime une baisse de près de 80 % de la biomasse d’insectes volants en trois décennies.

Les causes principales sont :

  • L’agriculture intensive et les monocultures (destruction des haies, diminution de la diversité des fleurs sauvages).
  • L’usage massif de pesticides et intrants chimiques, comme les néonicotinoïdes.
  • L’artificialisation, la destruction et la fragmentation des habitats naturels (routes, zones industrielles, étalement urbain).
  • Le changement climatique, entrainant le décalage entre les cycles des plantes et des pollinisateurs.

Comment accueillir les pollinisateurs sur son site ?

Fournir des ressources alimentaires diversifiées

La majorité des sites d’entreprise ont des palettes végétales horticoles et avec une faible diversité, peu favorables aux insectes pollinisateurs locaux. Lors des plantations, il faut :

  • Privilégier les espèces indigènes et diversifiées
  • Échelonner les floraisons de mars à octobre
  • Maintenir des fleurs sauvages spontanées (pissenlit, lamier, pâquerette etc.)

Diversifier les habitats et les milieux

La majorité des pollinisateurs sont solitaires et vivent dans des cavités, dans le sol, les murs, le bois mort ou encore des tiges de plantes. Il faut donc :

  • Pratiquer la gestion différenciée et prioriser la non-intervention quand il n’existe aucune contrainte ni usage.
  • Conserver ou aménager des zones refuges, permanentes ou temporaires.
  • Créer des micro-habitats tels que des zones de sols nus, tas de bois morts, prairies fleuries, muret en pierre etc.

Implanter des ruches pour améliorer la présence des pollinisateurs ?

L’implantation de ruches sur un site d’entreprise a avant tout une dimension pédagogique. Elle permet de relier l’entreprise à la biodiversité, un domaine dont elle se sent souvent éloignée par manque de connaissance sur ses enjeux et les impacts possibles sur son activité et le bien-être de ses collaborateurs.

Grâce à la présence des abeilles Apis mellifera (celles qui produisent du miel) sur son site, la biodiversité et sa préservation prennent une tournure plus concrète et plus visible. Observer le ballet des abeilles suscite de nombreuses questions : se demander combien de voyages sont nécessaires pour produire 1g de miel ? Quelles fleurs butinent-elles ? Ont-elles des prédateurs ? Boivent-elles ? Sont-elles sensibles au froid et à la chaleur ? Pourquoi les récoltes de miel varient-elles d’une année à l’autre ?

Ces questions permettent d’aborder de manière pratique plusieurs sujets essentiels comme le déclin des pollinisateurs, l’importance de la pollinisation, la diversité végétale, l’utilisation des produits phytosanitaires ou encore les questions liées à l’alimentation.

A leur échelle, les abeilles contribuent également à améliorer la qualité de vie au travail.

Elles deviennent un centre d’intérêt pour les collaborateurs et suscitent parfois de nouvelles passions. Certains découvrent ainsi l’apiculture et deviennent des apiculteurs amateurs. Les ateliers proposés sont toujours ludiques et permettent d’approfondir ces thématiques, que ce soit en petit groupe ou lors d’activités collectives.

Les questions soulevées par la présence des abeilles et des ruches invitent aussi à réfléchir à notre propre place dans l’écosystème et encourage le passage à l’action. Par exemple, décider de favoriser les ressources alimentaires pour les pollinisateurs en plantant des espèces végétales locales adaptées et bénéfiques pour la biodiversité.

Cette démarche peut également conduire l’entreprise à réfléchir à son modèle économique et à son lien avec la biodiversité : quelle serait la durabilité de son activité si celle-ci dépendait d’un écosystème fragilisé ? Comment anticiper ces enjeux environnementaux ?

Enfin, la récolte du miel constitue un moment particulièrement attendu de la saison apicole. Elle permet de constater si les conditions de l’année ont été favorables aux pollinisateurs : un printemps trop pluvieux, par exemple, peut limiter les récoltes, tandis que la floraison des arbres fruitiers récemment plantés peut y contribuer positivement. Chaque récolte offre ainsi un miel unique, différent par sa couleur et ses saveurs, que l’on peut découvrir et apprécier chaque année.

La compétition : un mécanisme écologique naturel

En écologie, la compétition apparaît lorsque plusieurs espèces exploitent une même ressource limitée.

Lorsque les ressources florales sont abondantes et diversifiées, la coexistence est facilitée. Les espèces se répartissent naturellement l’espace et le temps : périodes de floraison différentes, horaires d’activité variés, préférences pour certains types de fleurs, distances de butinage distinctes… Par exemple, les abeilles sauvages solitaires parcourent généralement quelques centaines de mètres, tandis que l’Apis mellifera peut voler sur plusieurs kilomètres.

En revanche, lorsque les ressources se raréfient (pelouses rases, monocultures, plantes horticoles, habitats fragmentés), la compétition s’intensifie. Ainsi, sur un site fortement minéralisé et pauvre en végétation, installer des ruches sans restaurer les habitats peut créer une pression supplémentaire. C’est pour cela qu’une étude écologique est menée, à chacune des implantations réalisées par BIOCENYS, pour qualifier le bol alimentaire disponible et vérifier la compatibilité avec le reste de l’écosystème.

Vous souhaitez accueillir les pollinisateurs sur votre site?

Nous pouvons vous accompagner dans l’implantation de ruches sur votre site et/ou dans la mise en place d’actions pour favoriser les pollinisateurs. Nous pouvons également vous proposer des animations à destination de vos collaborateurs sur ces sujets afin d’éveiller leur intérêt.